19 décembre 2016

Un pas de côté

De loin il la voit se redresser, replier les jambes sous elle, se lover plus profond dans le canapé et poser sa tête sur le dossier. Il se sent à des années-lumières dans cette après-midi cotonneuse où rien ne ressemble à rien, où les filles sont des images et les garçons ont trop de sang qui pulse.

Le reflet de la télé sur son tee-shirt blanc lui donne des envies de meurtre. Il s’autorise à peine à la voir se mordiller la lèvre, très concentrée sur son texto, il ne veut surtout pas savoir à qui elle l’envoie, il a trop peur de ce que ça pourrait créer en lui.

Elle respire un peu trop fort, son ventre se soulève, écartèle le tissu, révèle la peau de la hanche, ça lui bousille tout à l’intérieur, ça le déchire de part en part comme un coup de poing dans l’estomac, il ne sait plus où quoi comment et surtout pourquoi, pourquoi il s’inflige tout ça. Il se retient de justesse de tendre la main.

Elle lève les yeux vers lui, microsourire. Apocalypse grandeur nature, toutes les images dans sa tête, dans ses doigts.

Elle se lève, range son téléphone, balance une phrase comme ça au hasard, elle s’en va. Il se met sur ses pieds, surpris par sa propre stabilité alors qu’à l’intérieur c’est marée montante. Elle lui claque une bise anodine, pèse de sa main sur sa hanche juste une seconde, et pendant cette seconde tout se déchaîne, il lui attrape la bouche, il engloutit son souffle, il lui arrache son tee-shirt et dévore son ventre de ses doigts, il lui griffe la peau en rythme avec ses gémissements étouffés, il ne fait rien de tout ça et la laisse partir.

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